
Mesurer la réutilisation du vivier sans confondre profils connus et recrutements gagnés
, par JULIEN VACHER, 12 min temps de lecture

, par JULIEN VACHER, 12 min temps de lecture
Une personne recrutée figurait déjà dans votre base. Cela signifie-t-il que le vivier a produit le recrutement ? Pas nécessairement : elle a pu postuler spontanément, être recommandée de nouveau ou répondre à une annonce sans avoir été recontactée. Mesurer la réutilisation du vivier exige de distinguer la présence antérieure, l’action de réactivation et le résultat observé.
Ce guide propose des définitions, un registre minimal et un exemple chiffré entièrement fictif. Il s’adresse aux recruteurs indépendants, cabinets, ESN et équipes RH qui veulent comprendre l’apport de leur base existante. Il prolonge la méthode pour réactiver un vivier avant un nouveau sourcing, en traitant la mesure et l’attribution des résultats.
Choisissez une date de référence liée au besoin, par exemple l’ouverture de la mission. Un profil est « déjà connu » s’il était présent dans le périmètre autorisé de votre base avant cette date. Cette définition évite de qualifier de réutilisation un profil importé pendant la recherche puis ajouté à un vivier juste avant sa présentation.
Précisez ce que signifie « présent » : une fiche exploitable avec une identité reconnue, et non une simple adresse dans un fichier oublié. La mesure de présence ne garantit pas que les informations sont à jour, que la personne est disponible ou qu’une reprise de contact est appropriée. Ces vérifications relèvent du travail de qualification et du cadre de gestion des données.
La date doit rester stable une fois le périmètre défini. Si une mission est suspendue puis réouverte, documentez votre convention. Vous pouvez traiter la reprise comme la même mission ou comme un nouveau besoin selon votre organisation, mais ne changez pas de règle uniquement pour améliorer le taux de réutilisation affiché.
La présence antérieure répond à « connaissions-nous déjà cette personne ? ». La mobilisation documentée répond à « avons-nous utilisé cette connaissance pour engager cette candidature ? ». La contribution observée répond à « jusqu’où cette candidature a-t-elle progressé ? ». Ces trois questions sont complémentaires ; les fusionner dans un indicateur unique fait perdre une partie de l’information.
Une mobilisation peut être un contact initié depuis le vivier pour une nouvelle mission, suivi d’un intérêt explicite. Elle peut aussi prendre une autre forme documentée dans votre processus. Écrivez votre convention et conservez la preuve utile. L’ajout automatique à une liste ou l’ouverture d’une fiche ne suffit pas à démontrer un échange ni une candidature active.
La documentation Greenhouse sur les sources distingue notamment une stratégie de sourcing et un nom de source. Cela illustre l’utilité d’un vocabulaire organisé. Pour mesurer votre vivier, ajoutez surtout une distinction temporelle : l’origine historique du profil et le canal qui a engagé la candidature actuelle ne racontent pas la même chose.
| Dimension | Question posée | Exemple fictif |
|---|---|---|
| Origine historique | Comment la personne est-elle entrée dans la base ? | Rencontre lors d’un événement antérieur |
| Présence à la date de référence | Était-elle connue avant l’ouverture de la mission ? | Fiche créée trois mois auparavant |
| Déclencheur de la candidature | Qu’est-ce qui a engagé l’échange actuel ? | Message ciblé après recherche dans le vivier |
| Résultat à la date d’observation | Où en est cette candidature ? | Entretien réalisé, décision encore en attente |
| Attribution retenue | Quelle contribution peut-on documenter ? | Réactivation démontrée, sans prétendre expliquer seule la décision finale |
Une personne peut appartenir à plusieurs viviers et participer à plusieurs recrutements. Pour mesurer les personnes mobilisées, comptez les identités uniques. Pour mesurer les parcours par mission, comptez les couples personne-mission. Pour mesurer les recrutements aboutis, définissez l’événement final : offre acceptée, contrat signé ou arrivée effective, selon la question posée.
Ne mélangez pas ces unités dans une même formule. Dix appartenances à des viviers ne représentent pas forcément dix personnes. Deux candidatures d’une même personne peuvent être deux parcours légitimes, sans représenter deux embauches. Le guide sur la distinction entre profil et candidature aide à organiser cette séparation.
Prévoyez une règle pour les doublons détectés tardivement. Lorsque deux fiches correspondent à une seule personne, corrigez le décompte et notez l’effet sur le rapport. Une fusion technique ne doit pas réécrire arbitrairement l’origine des échanges. Conservez l’information nécessaire pour expliquer pourquoi la personne était connue avant la mission et comment le contact a repris.

Le premier indicateur est la part de candidatures engagées concernant des profils déjà connus : candidatures de profils présents avant la date de référence, divisées par l’ensemble des candidatures engagées dans le périmètre. Il décrit l’usage de personnes connues, quelle que soit la manière dont elles sont revenues. Définissez précisément ce que vous appelez une candidature engagée.
Le deuxième est la part de candidatures engagées par une réactivation documentée du vivier, avec le même dénominateur. Il exige une trace du déclencheur. Le troisième peut être le nombre d’embauches observées issues de ces réactivations. Présentez les effectifs, la date d’arrêt et les dossiers encore en cours avant de calculer un pourcentage de résultat.
Si vous suivez la progression des candidatures réactivées, conservez une cohorte et laissez-lui un temps d’observation identifiable. Une mission ouverte hier ne peut pas être comparée directement à une mission terminée depuis trois mois. La méthode de calcul des passages entre étapes par cohorte détaille cette précaution.
Supposons que vous suiviez quarante candidatures engagées sur un groupe défini de missions. Seize concernent des personnes déjà connues avant l’ouverture du besoin. Parmi elles, dix ont repris l’échange après un contact documenté depuis le vivier. Les six autres sont revenues par une candidature spontanée ou un autre canal identifié. À la date d’observation, six embauches ont été confirmées.
Parmi ces six embauches, trois concernent des personnes déjà connues, dont deux issues d’une réactivation documentée. Ces nombres sont inventés pour expliquer les formules. Ils ne permettent ni d’annoncer un rendement moyen du vivier ni de prévoir les résultats d’une organisation réelle. Les dossiers encore en cours doivent rester visibles à côté des résultats acquis.
| Mesure de l’exemple fictif | Calcul | Lecture correcte |
|---|---|---|
| Part des candidatures concernant des profils connus | 16 / 40 = 40 % | Quatre candidatures sur dix concernent des personnes déjà dans la base |
| Part des candidatures engagées par réactivation documentée | 10 / 40 = 25 % | Un quart des candidatures a un déclencheur vivier documenté |
| Part des embauches observées concernant des profils connus | 3 / 6 = 50 % | La présence antérieure concerne trois des six embauches constatées |
| Part des embauches observées avec réactivation documentée | 2 / 6, soit environ 33 % | Deux embauches ont été précédées de cette action identifiée |
| Embauches observées dans la cohorte réactivée | 2 / 10 = 20 % à cette date | Résultat provisoire si certaines des dix candidatures restent ouvertes |
L’écart entre 40 % et 25 % est utile : il montre que « déjà connu » et « réactivé par le vivier » ne sont pas synonymes. L’équipe peut examiner pourquoi certains profils sont revenus spontanément et si la base a aidé à préparer leur traitement. Cette contribution éventuelle peut être documentée qualitativement sans modifier le canal initial de la candidature.
Dans le fonctionnement prévu par Oxaibo, un même profil peut être rattaché à plusieurs viviers, tandis que la candidature garde son contexte de mission. Le recruteur peut retrouver une fiche existante, la mobiliser pour un besoin et suivre le parcours de candidature avec son étape et son responsable. Ce fonctionnement aide à éviter la multiplication de copies pour représenter plusieurs usages du même profil.
Pour la mesure, le geste concret consiste à vérifier l’identité existante avant de créer une nouvelle fiche, puis à documenter pourquoi et quand la candidature actuelle a été engagée. Les commentaires et l’historique peuvent aider à retrouver le contexte, selon les fonctions disponibles dans votre environnement. Ils ne remplacent pas une convention explicite d’attribution.
Ces capacités sont vérifiées dans le code du produit. Un calcul automatique des taux de ce guide, un export complet de toutes les dates ou un modèle d’attribution prêt à l’emploi ne sont pas présumés disponibles. Le bénéfice attendu concerne la continuité du dossier et la réduction des confusions ; les résultats chiffrés doivent être calculés à partir de données réellement accessibles et contrôlées.

Si un profil entre initialement par un événement puis répond à un message pour une nouvelle mission, conservez les deux informations. Remplacer partout l’origine par « vivier » ferait disparaître le canal qui avait permis la première rencontre. À l’inverse, conserver uniquement l’événement ancien rendrait invisible le travail de réactivation réalisé aujourd’hui.
Vous pouvez utiliser un registre séparant identité, mission, date de référence, origine historique, déclencheur actuel, preuve et résultat. Une note courte suffit souvent à expliquer le déclencheur. Évitez d’y copier l’intégralité des échanges. Les informations collectées pour la mesure doivent rester proportionnées à l’objectif et accessibles aux personnes qui en ont besoin.
Le guide du recrutement de la CNIL rappelle le cadre de gestion des données des candidats. Un projet de mesure ne justifie pas une conservation indéfinie des dossiers ou la collecte d’informations sans utilité. Définissez vos règles avec les personnes compétentes et privilégiez les résultats agrégés lorsqu’ils suffisent à la décision.
Une forte présence de profils connus avec peu de réactivations peut inviter à examiner l’accessibilité de la base ou la préparation des recherches. Elle peut aussi refléter des retours spontanés fréquents. Vérifiez les cas avant de décider d’augmenter les contacts. Le tableau décrit une situation ; il ne révèle pas automatiquement sa cause.
Si les réactivations conduisent à des échanges utiles mais s’arrêtent avant l’entretien, examinez les critères et la présentation des missions. Si les informations sont souvent obsolètes, améliorez la mise à jour ciblée des fiches. Si les candidatures avancent mais que les offres sont refusées, le problème peut se situer dans la proposition plutôt que dans le vivier.
Comparez des périmètres proches et conservez les effectifs. Une équipe travaillant sur des besoins très nouveaux peut mobiliser moins de profils connus sans mal exploiter sa base. L’objectif est de comprendre où l’entretien du vivier apporte une contribution et où un sourcing externe reste nécessaire, pas de maximiser artificiellement un taux unique.
Vous pouvez documenter qu’une réactivation a engagé la candidature, puis suivre son résultat. Cela ne démontre pas que cette action explique seule l’embauche : qualification, entretiens, proposition et choix du candidat interviennent aussi. Présentez une attribution descriptive, avec ses règles, sans prétendre mesurer un effet causal non étudié.
Conservez une catégorie inconnue et vérifiez les dossiers lorsque c’est possible. Ne répartissez pas automatiquement les cas incomplets dans la catégorie la plus favorable. Affichez leur nombre : il indique la limite de votre mesure et peut justifier une amélioration de la saisie pour les prochaines missions.
Il peut témoigner d’une base pertinente pour les besoins suivis, mais ne suffit pas à évaluer la qualité du recrutement. Vérifiez les résultats, la diversité des parcours examinés et la capacité à explorer de nouveaux profils lorsque le besoin l’exige. Le vivier est une ressource de recherche, pas une frontière à ne jamais dépasser.